L’agence européenne des médicaments (EMA) confirme l’intérêt des pilules estroprogestatives au regard de leur rapport bénéfices/risques, indique-t-elle dans un communiqué publié le 11octobre.
Pilules estroprogestatives : les bénéfices supérieurs aux risques, selon l'EMA.
Le Comité d’évaluation des risques de pharmacovigilance (PRAC) de l’EMA conclut que les femmes sous pilule estroprogestative ne présentant aucun
facteur de risque de
thrombose veineuse n’ont aucune raison d’interrompre la prise de ce médicament. Il souligne toutefois, à l’intention des prescripteurs, qu’il est impératif qu’elles soient informées de ce risque, ainsi que de ses signes et symptômes, et que les médecins prennent en compte leurs facteurs de risque individuels (
tabagisme,
surpoids, antécédents familiaux,
migraines, accouchement récent) lors de la prescription.Cet avis fait suite à une
demande de la France, début 2013, de réévaluer l’intérêt des pilules contraceptives estroprogestatives au regard de leurs risques de thrombose. Il tient lieu de recommandation ; elle sera adressée au Comité pour l’usage des produits médicaux à usage humain (CHMP) qui adoptera sa décision finale en session plénière de son congrès organisé du 18 au 21 novembre. C’est la Commission européenne qui prendra en tout dernier lieu une décision, laquelle devra être appliquée par tous les États Membres.Parmi les signes évocateurs d’une thrombose veineuse, le PRAC cite des douleurs sévères dans les jambes, des difficultés respiratoires soudaines, une toux ou une respiration rapide, des douleurs thoraciques, un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe.
Le comité rappelle que le risque “naturel“ de thrombose veineuse est de 2 cas pour 10 000 femmes et que le risque inhérent à la prise de pilule estroprogestative dépend du progestatif entrant dans la composition du médicament :
– C’est avec du
lévonorgestrel, du
norgestimate et du
noréthistérone que ce risque est le moins important : 5 à 7 cas pour 10 000 femmes par an.
– Il atteint 6 à 12 cas pour 10 000 femmes par an avec de l’
étonogestrel et du
norelgestromine,
– Et 9 à 12 cas pour 10 000 femmes par an avec du
gestodène, du
désogestrel, de la
drospirénone.
– Les études se poursuivent pour évaluer et comparer le risque des pilules contenant du
chlormadinone, du
diénogest et du
nomégestrol, trois progestatifs pour lesquels les données sont insuffisantes.Quant au risque de thrombose artérielle, responsable d’
infarctus ou d’
accident vasculaire cérébral, le PRAC estime que le risque est très faible, et qu’il ne diffère pas d’une pilule à une autre.Amélie Pelletier
Source
“PRAC confirms that benefits of all combined hormonal contraceptives (CHCs) continue to outweigh risks“ – Communiqué de l’EMA, 11 octobre 2013.