Si l’espérance de vie des Françaises reste toujours nettement supérieure à celle de leurs homologues masculins, ces années de sursis ne sont pas les meilleures, si l’on en croit les dernières données sur l’espérance de vie en bonne santé rendues publiques jeudi. En effet, en France, longue vie ne coïncide pas avec douce vie puisque la proportion d’années vécues sans incapacité est nettement supérieure chez les hommes que chez les femmes.
En France, on vit vieux mais pas en bonne santé
Championnes d’Europe de la longévité, les Françaises n’auraient pas pour autant la palme de la vieillesse tranquille ! Elles dégringolent ainsi à la 10ème place du classement européen (sur 27) des pays où l’espérance de vie sans incapacité (EVSI) est la plus longue, loin derrière les Suédoises. Les hommes ne font pas tellement mieux, mais la chute est moins sévère, puisqu’ils passent de la 8ème place en termes d’espérance de vie à la 11ème lorsque l’on prend en considération leur santé.Les Françaises passent une plus grande partie de leur vie en mauvaise santé que les FrançaisEn France, l’espérance de vie à la naissance a augmenté régulièrement depuis 2008 pour atteindre 78,2 ans chez les hommes et 85,3 ans chez les femmes en 2010. Si l’on considère le nombre d’années vécues sans incapacités, les femmes devancent toujours les hommes, mais avec un écart nettement réduit, leur EVSI atteignant 63,5 ans contre 61,9 ans. Autrement dit, les hommes passent pratiquement 80 % de leur vie en bonne santé, contre à peine 75 % pour les femmes !Les choses se gâtent surtout
après 65 ans, âge auquel les problèmes de santé commencent à entraîner des incapacités. “En 2009, à 65 ans, les femmes et les hommes peuvent espérer passer respectivement 40 % et 47 % de leur vie sans limitations auto-déclarées d’activités à long terme“, écrivent les auteurs du rapport. Et ces derniers d’ajouter : “Bien que les espérances de vie sans limitation d’activité et sans morbidité chronique soient plus grandes pour les femmes que pour les hommes, les femmes passent une plus grande part de leur vie en mauvaise santé et ces années de mauvaise santé sont plus souvent vécues avec des problèmes de santé sévères.“C’est en Suède qu’il fait bon vieillir !A l’opposé, les femmes Bulgares ont une espérance de vie bien moindre (respectivement 77,4 ans pour les femmes et 70,2 ans pour les hommes), mais de bien meilleure qualité en termes de santé puisque le rapport entre l’espérance de vie en bonne santé et l’espérance de vie atteint près de 87 et 90 % respectivement. Les moins bien loties sont les Slovaques, qui ne peuvent pas espérer passer plus des deux-tiers de leur vie en bonne santé. Malgré ces écarts, les auteurs observent une tendance à la convergence des espérances de santé en Europe, la Lituanie affichant la plus nette progression, gagnant 2,4 années de vie en bonne santé, à l’inverse de la Finlande qui perd 1,7 année.En 2010, c’est en Suède que les hommes peuvent espérer vivre le plus longtemps en bonne santé. En tête des pays européens avec l’espérance de vie la plus longue (79,6 ans), les Suédois sont aussi ceux dont la vie est le moins impactée par les soucis de santé : ils peuvent ainsi espérer passer 90 % de leur vie sans être limités dans leurs capacités. Comme pour les femmes, c’est la République slovaque qui affiche le plus mauvais rapport EVSI/EV, de 73 %. Entre 2008 et 2010, les Lituaniens ont gagné 3 années de vie en bonne santé, tandis que les Hollandais en perdaient 1,3 année.Globalement, les écarts entre hommes et femmes observés en France sont retrouvés dans la plupart des pays européens. L’écart d’espérance de vie atteint ainsi près de 6 ans, mais celui d’espérance de vie en bonne santé à peine une demi année. “Si bien que la proportion des années vécues sans incapacité est inférieure de 5 points (-4,9 %) chez les femmes en comparaison avec les hommes“, souligne Jean-Marie Robine, directeur de recherche Inserm, qui a coordonné les travaux français.L’EVSI, un indicateur pour orienter les politiques de santé publiqueL’espérance de vie sans incapacité est mesurée au travers des réponses à la question : “Dans quelle mesure avez-vous été limité(e) depuis au moins 6 mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ?“. Elle est calculée chaque année depuis 2005 dans tous les pays de l’Union européenne.Livrés tels quels par l’Action conjointe européenne sur les espérances de vie en bonne santé (EHLEIS), sans analyse des causes susceptibles d’expliquer ces différences, les chiffres visent à soutenir les politiques de santé publique pour améliorer le vieillissement en bonne santé et atteindre l’objectif fixé par le partenariat de l’Union de l’innovation d’augmenter de 2 ans le nombre d’années vécues sans incapacités dans l’Union européenne d’ici 2020.Amélie PelletierSources– “Les dernières données sur l’espérance de vie en bonne santé dans les 27 pays de l’UE“. Communiqué de l’Inserm, 19 avril 2012.- Advanced research on european health expectancies (
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