Agnès Buzyn se lance dans la course aux municipales de Paris et remplace Benjamin Griveaux qui a dû se retirer à cause du scandale en lien avec des vidéos à caractère sexuelle dévoilées auxquelles il serait rattaché. En conséquent, c’est Olivier Véran qui succède à Agnès Buzyn. Portrait du nouveau ministre de la Santé.
Suite au scandale déclenchée par la révélation de vidéo à caractère sexuelle dans lesquelles il aurait figuré, Benjamin Griveaux s’est retiré de la course aux municipales de Paris. Et c’est Agnès Buzyn, ministre de la Santé depuis plus de deux ans et 8 mois qui a annoncé être sa remplaçante désignée par La République en marche. En conséquent, c’est Olivier Véran, député isérois LREM âgé de 39 ans qui a été nommé par le gouvernement pour être le nouveau ministre de la Santé.
En entrant dans ce Ministère, je ressens beaucoup de fierté mais aussi une immense responsabilité face à l’ampleur des enjeux qui m’attendent. J’y suis prêt ! pic.twitter.com/rc6rIh7RyL— Olivier Véran (@olivierveran) February 17, 2020
Un médecin neurologue engagé politiquement à la tête du ministèreOlivier Véran, est un neurologue, qui a notamment été assistant chef de clinique en unité des soins intensifs de neurologie vasculaire, enseignant à la faculté de médecine de Grenoble et à la direction d’un hôpital de jour de neurologie. Diplômé de Sciences Po Paris en gestion et politique de la Santé, il est engagé depuis 2012 sous François Hollande, à l’époque, soutenant le parti socialiste en tant que suppléant de la député Geneviève Fioraso. Il a ensuite été conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes puis député de la première circonscription de l’Isère avant de rejoindre le camp Macron en 2017. Jusqu’au 16 février 2020, il était rapporteur général de la commission des Affaires sociales et convoitait déjà le poste de Ministre de la santé en 2017 qui avait finalement été attribué à Agnès Buzyn. Sur les thématiques santé, il est habitué à s’exprimer dans les médias. C’est lui qui est à l’initiative du forfait de réorientation des urgences vers la ville consistant à rémunérer les hôpitaux de 20 à 60 euros pour chaque patient léger redirigé vers un médecin de la ville avec pour but de désengorgé les urgences. Il soutient également un projet de création d’hôtels hospitaliers pour réduire le trajet des patients jusqu’à l’établissement médical, l’expérimentation du cannabis thérapeutique et soutient la mise en place de “la taxe soda”. En tant que rapporteur à l’Assemblée nationale il était en charge des recettes et dépenses de l’Assurance maladie, du handicap, de la vieillesse, du travail ou de la famille. En tant que vice-président et porte-parole de l’Inter Syndicat National des Internes des Hôpitaux (ISNIH) il était à l’origine de l’organisation d’une grève pour le respect du travail des internes. Une arrivée saluée par les médecins mais une ambition politique qui fait peurUn choix de candidat salué par plusieurs syndicats qui s’étaient insurgés pour beaucoup du départ d’Agnès Buzyn en pleine crise de l’hôpital. La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) assure qu’ Olivier Véran peut compter sur eux “pour l’aider à mener à bien les chantiers de la transformation du système de santé”. D’un autre côté, certains redoutent un caractère trop politisé. “C’est un médecin, oui, mais je me méfie des médecins qui ont choisi une carrière politique”, a déclaré le professeur André Grimaldi du collectif Inter-hôpitaux à France Inter, assurant qu’il faudra attendre de vrais actes. D’autres rappellent avec inquiétude la polémique autour de sa réforme constitutionnelle qui avait supprimé le terme Sécurité sociale par celui de protection sociale, sept fois dans la loi fondamentale. Les syndicats s’insurgent craignant un danger pour la protection sociale le terme Sécurité sociale étant protégé juridiquement alors que le terme “protection sociale” beaucoup moins. Face à la grogne l’amendement sera finalement retiré. De gros dossiers attendent le nouveau ministre de la Santé en pleine propagation du coronavirus, il va aussi falloir gérer la crise de l’hôpital en grève depuis plusieurs mois maintenant et pour laquelle il a déclaré : “Je lancerai dans les prochains jours une enquête nationale […] pour consulter les hospitaliers – directeur, médecins, infirmiers, brancardiers – pour tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu’ils disent ressentir depuis un certain nombre d’années désormais.”